La soirée démarre par un relâchement, un affaissement du corps sur la surface qui le soutient. C’est la période de transition mentale et corporelle. L’excitation du « on sait jamais » se confronte aux principes casaniers. Assis sur cette chaise, le combat d’idée interne propre à chacun bat son plein. C’est le premier à être encore sous l’emprise de l’eau. La lucidité tient fermement les reines de la soirée. Elle a toute confiance en son potentiel de negotiation. Au même instant, au pôle hydratation, la cascade continue de se déverser dans un flot constant par les tubes digestifs de l’enveloppe corporelle. Les heures défilent et la cascade se renforce. Malgré les prédispositions physiques du corps humain et l’influence de la gravité, le cerveau se retrouve submergé par les eaux montantes et distillées. La lucidité peine à reprendre les reines du cheval de course. En avant-dernière position, le cheval n’est plus qu’un poney à l’allure grassouillarde et au pas titubant. Les contractures de l’estomac sonnent le glas de la sustentation. Il est minuit et les corps ont faim. La lucidité se retrouve alors en dernière position, traînée par le poney. Un éclair de sa part parvient tout de même à fendre le ciel lorsque l’image d’un tacos volant, armé de petites ails dorées, traverse le ciel. C’est l’illumination de la street food de minuit.
© 2026 Oona Skari Duroy