Le rêve, substance spontanée qui s’infiltre dans les filets de l’euphorie.
Substance qui caresse et rehausse les idéologies et les valeurs les plus ancrées de chacun. Substance qui détrône les « points » de pouvoir. Substance qui coule dans le sang et bouche les pores du désespoir afin d’ouvrir les valves de l’espoir. Il exfiltre le reste. Il abat les murs de l’impossible et soude les fondations du nouveau possible. Il écrit le texte de l’inconscient. C’est la substance de l’illusion et le moteur du réel. La passerelle entre la réalité et la chimère. Il faut le pourchasser, le contourner, le provoquer. Cette douce substance qui survole les nuits les plus belles, tinte d’une lueur d’espoir les projets les plus fous. Le rêve est l’acolyte de l’aventure. Ensemble ils brisent les mailles de l’inconnu et bravent les failles du fruit défendu. Mais c’est aussi la substance qui nourrit l’étrange machine qu’est la duplicité. Reine de ce monde, elle dicte ses codes et dicte ses rêves. Le rêve dicté tombe à son tour dans la dictature de la pensée et des émotions. L’émotion devient rêvée, elle n’est plus le moteur originel du rêve. Les rôles s’inversent, les chemins se brouillent et le rêve devient alors objet marchand. Il perd de son sens originel. Cela dit, le rêve le plus pur n’existe pas. Influencée, la substance coule dans le lit d’une rivière déjà tracée. Mais ses méandres ne sont pas érigés.
Longue vie aux méandres sinueux de la rivière onirique.
© 2026 Oona Skari Duroy